En 2025, le marché mondial de la croisière a atteint un record historique avec 37,2 millions de passagers, soit une hausse de 7,5 % en un an. La France, portée par 583 600 croisiéristes, réintègre le top 10 des marchés émetteurs mondiaux après une légère contraction en 2024. Un rebond qui traduit un engouement renouvelé, notamment pour les formats longs et ambitieux comme le tour du monde.
Un marché qui se transforme en profondeur
Le profil du croisiériste français a sensiblement évolué. L’âge moyen est passé de 49 à 46,7 ans entre 2019 et 2024, et près d’un tiers des passagers récents étaient de premiers embarquements. La durée moyenne des voyages a elle aussi changé : les croisières de 6 à 8 jours représentent désormais 43 % des choix, contre des formats plus longs auparavant. Paradoxalement, le prix moyen par jour a bondi de 84 à 115 euros, signe que les voyageurs préfèrent une expérience plus qualitative, même plus courte. La Méditerranée reste la destination de prédilection, choisie par 63,7 % des croisiéristes français.
Dans ce contexte, les croisières au long cours conservent une place à part : elles s’adressent à un public passionné, prêt à consacrer plusieurs mois à ce type d’aventure, avec une préparation logistique bien plus rigoureuse qu’une semaine en Méditerranée.
Tour du monde en croisière : durées, compagnies et budget
Un tour du monde en croisière dure en général entre 100 et 140 jours, avec une cinquantaine d’escales sur tous les continents. Les départs se font depuis Marseille, Le Havre ou Southampton selon les armateurs. Les tarifs d’appel varient fortement : autour de 12 000 à 15 000 euros par personne pour les options les plus accessibles, jusqu’à 20 000 à 25 000 euros pour les formules haut de gamme. Parmi les compagnies présentes sur le marché français, certaines proposent des départs depuis Marseille, ce qui évite un vol international avant d’embarquer.
Les escales les plus emblématiques restent Los Angeles, Rio de Janeiro, Hong Kong, Sydney ou New York, chacune offrant une porte d’entrée unique sur son continent. La préparation doit cependant anticiper bien d’autres aspects : les formalités de visa (Australie, Inde et d’autres destinations exigent des démarches plusieurs mois à l’avance), et surtout l’assurance voyage. Une couverture bancaire classique ne dépasse généralement pas 90 jours, ce qui oblige à souscrire un contrat complémentaire avec une garantie médicale d’au moins un million d’euros.
Durabilité : la croisière face à ses responsabilités environnementales
Le secteur ne peut plus ignorer la question climatique. En juin 2025, une charte croisière durable pour la Méditerranée a été signée en marge de la conférence ONU sur l’Océan à Nice, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2026. Elle impose notamment le raccordement électrique à quai, la surveillance des émissions, et l’interdiction des rejets d’eaux usées non traitées. Plusieurs grandes compagnies y ont adhéré, d’autres devaient les rejoindre dans les mois suivants.
En parallèle, le marché carbone européen s’applique désormais aux armateurs : 40 % des émissions couvertes en 2025, 70 % en 2026, et 100 % à partir de 2027. Le GNL reste le carburant alternatif dominant, mais ses émissions de méthane tempèrent les bilans. Des navires hybrides combinant GNL et hydrogène sont attendus dès 2027-2028 pour permettre des escales zéro émission. Un mouvement progressif, mais dont le rythme est désormais encadré par la réglementation.
Embarquer pour un tour du monde représente bien plus qu’un voyage : c’est un projet qui se prépare sur plusieurs mois, entre choix de la compagnie, constitution du dossier de visas, couverture assurantielle et organisation des bagages pour des températures très variées. Un investissement en temps autant qu’en budget, que les passionnés de mer jugent souvent à la hauteur de l’expérience.
